Intoxications

Il s'agit d'une intoxication :

accidentelle (notamment chez l’enfant)

ou suicidaire.

 

 

Les principaux médicaments utilisés pour le suicide ou " Tentative de Suicide ou d'autolyse (" T.S.") sont des médicaments agissant sur les nerfs: de type tranquillisants, somnifères ou antidépresseur. Souvent plusieurs médicaments sont associés et additionnés d'alcool. Mais d'autres produits sont parfois utilisés, ceux qui sont dans la pharmacie familiale, notamment des produits cardiaques.

 

 

Les Risques


 

Risque cardiaque   


 

Un produit ingéré peut parfois agir rapidement sur le cœur.

Ce n’est pas parce que la personne est consciente que la situation est rassurante.

C'est pourquoi, il faut trouver le nom du produit utilisé, et se renseigner au centre anti-poison (ou Centre 15) sur sa toxicité notamment cardiaque, et sa rapidité d'action.

Ce risque est faible mais redoutable.

N'oublions pas qu'un arrêt cardiaque peut survenir après une asphyxie (anoxie) en rapport avec les risques suivants.

 

Risque d'inconscience  


 

La plupart des produits utilisés sont des somnifères, donc "endorment" plus ou moins profondemment et plus ou moins rapidement.

 

En soi ce n'est pas dangereux. On endort bien les opérés et cela sans séquelles neurologiques.

Ce sont les conséquences respiratoires qui sont redoutables.

Attention souvent l'ambulancier minore la profondeur de l'inconscience, lors du bilan au centre 15 !

 

Risque respiratoire


 

C'est le point le plus important.

Chez un suicidé inconscient dit comateux, 3 mécanismes peuvent induire une asphyxie :

 

- une obstruction des voies aériennes supérieures par la chute de la langue

due au coma.

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- une fausse route

par passage de vomissements dans la trachée, due à l’ouverture permanente du larynx (abolition du réflexe).

 

- une pause respiratoire

puis apnée par endormissement des centres respiratoires du tronc cérébral.

 

 

Conduite d'urgence


 

L'ambulancier assure la survie immédiate par le maintien

  • de la circulation

  • de la respiration

  • de la liberté des voies aériennes supérieures

  • et l’appel au centre 15

Le bilan et les gestes d'urgence ne différent pas des autres situations

 

 

Révisions

du bilan vital et des gestes de survie.

 

En résumé:

 

Chez un  inconscient,respire-t-il ?


 

Chez un malade inconscient, le premier réflexe est de regarder si le thorax ou l’abdomen  se soulèvent à chaque inspiration et si un souffle d’air sort de la bouche à l’expiration.

S'il n'y a rien, le malade est en apnée.

Le bon réflexe est de rechercher immédiatement le pouls carotidien.

En effet si le suicide ne fait pas de doute,la recherche du pouls carotidien n'est pas inutile.

Il ne s'agit pas de la perte de connaissance brutale du cardiaque qui nécessite au plus vite un défibrillateur.

 

Arrêt cardio-respiratoire

En l'absence du pouls carotidien, le malade est en arrêt cardio-respiratoire.

Il faut donc mettre en route les manœuvres de réanimation qui sont plus classiques:

ventilation artificielle, avec liberté des voies aériennes, avec MCE.

 

 

Arrêt respiratoire isolé

Le pouls carotidien est présent, mais le malade ne respire pas.

Il est inconscient ou "absent".

Il faut regarder l'état des pupilles qui parfois sont très petites comme un point. On parle alors de myosis. (Cela signifie que la personne est drogué avec des dérivés de la morphine, comme l'héroine).

Il Cet arrêt respiratoire isolé est du à l'endormissement des centres respiratoires situés dans le bulbe ou tronc cérébral, par un puissant sédatif ou un dérivé de la morphine.

Il faut donc mettre en route les manœuvres de réanimation :

ventilation artificielle, avec liberté des voies aériennes, mais sans massage .

 

 

Est-il en détresse respiratoire ?


 

Si la respiration est rapide et superficielle avec des bruits, un encombrement , associés à une cyanose, sueurs, tachycardie et HTA, il faut libérer les voies aériennes, aspirer et oxygéner et mettre en PLS.

Ainsi on s'occupe:

- d'une obstruction du pharynx par chute de la langue

 

- de la présence éventuelle de liquide dans le pharynx

                          

 

Est-il dans le coma sans aucune détresse ?


 

Dans cas, il faut mettre le patient immédiatement en PLS.

Rappelons que la mise en P.L.S. n'est pas dangereuse, facile à réaliser et peut rapporter gros en matière de prévention des fausses routes.

 

Histoire vécue:

Une jeune femme de 22 ans se suicide avec des somnifères à 8 h. Elle est retrouvée à 17 h confuse par son conjoint qui appelle le centre 15. Celui-ci , vu l'absence d'inconscience  demande l'intervention d'une ambulance.
Le bilan est rassurant et le médecin régulateur donne son feu vert au transport aux urgences de l'hôpital de secteur. A l'arrivée la situation est différente, le coma est profond mais sans détresse respiratoire. Le transport a eu lieu 1/2 assis et la régulation du centre 15 a été piégé par l'ambulancier qui n'a pas apprécié la profondeur du coma.
2 heures après la personne se cyanose, respire vite et est transférée en réanimation, et mise sous ventilation artificielle. La radiographie des poumons montre des images blanchatres des 2 poumons faisant évoquer une inhalation massive de liquide gastrique, très acide, donc corrosif et qui a "brulé" les 2 poumons. Malgré l'oxygénation à 100 %, l'oxygène ne rentre plus dans le corps car les poumons sont détruites. La suicidée mourra dans la nuit.
Il est possible que cette fausse route a eu lieu, sans bruit, pendant le transport et dans ce cas la mise en PLS aurait évité cette mort stupide...

 

 

Attention

La mise en PLS est à mettre en route dès la moindre somnolence.

 

Conseil

Bien connaître les 3 mécanismes de détresse respiratoire, permettant d'effectuer les gestes préventifs ou curatifs nécessaire.