Maladies respiratoires

 

 

Noyade


 

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On estime à plus de 3000, le nombre de décès par noyade en France.

 

C'est la deuxième cause de mortalité chez l'enfant.

(de la baignoire à la mer en passant par les piscines).

 

C’est une asphyxie aiguë par inondation des voies aériennes inférieures par l’eau, y compris les alvéoles.

La durée maximale de la noyade, compatible avec des possibilités de ressuscitation, se situe entre 7 et 10 minutes, compte tenu du fait que l’arrêt circulatoire survient entre la 3 ème et la 4 ème minute et que les dégâts du cerveau sont irréversibles à la suite d’un arrêt circulatoire de 3 à 4 minutes.

 

 

 

Ainsi les chances de ressuscitation sont inversement proportionnelles à la durée de la submersion.

Cependant, l’hypothermie résultant d’une noyade en eau très froide est susceptible d’augmenter les délais de survie; quelques observations de survie après des submersions de 10 à 30 minutes ont été signalées.

 

 

Mécanismes


 

Vrai noyade ou noyade primaire

Lorsque l’eau rentre dans le pharynx, le nageur ferme spontanément sa glotte mais, hélas, la reprise de la ventilation est obligatoire au bout d’un certain temps d’apnée volontaire.
L’eau rentre alors dans les bronches puis dans les alvéoles, inondant les deux poumons.

Elle entre AVANT la perte de conscience.

 

C’est la cause habituelle à laquelle sont exposés aussi bien le nageur expérimenté, submergé par épuisement que le non nageur, submergé, par incapacité technique après chute accidentelle ou volontaire dans l’eau profonde.

 

La personne se met en apnée réflexe pendant quelques minutes avec fermeture de la glotte associé souvent à une bradycardie. le taux d'oxygène dans le sang baisse (hypoxie) entraînant une reprise fatale des mouvements respiratoires et ouverture de la glotte, laissant ainsi entrer l'eau...

 

Noyade secondaire

L'inondation des voies aériennes est secondaire APRES la perte de conscience dite "syncope"

on parle aussi d'hydrocution ou de syncope primitive

Elle frappe en particulier le nageur confirmé qui coule à pic.
Elle procède de mécanismes divers et peu connus.

 

Choc traumatique notamment du rachis

comme une personne qui plonge et se fracture le rachis cervical ou se cogne au fond de la piscine

 

Choc dit "thermique"

La cause principale est le “choc thermique”qui s’observe surtout en été après de longues expositions solaires, les vaisseaux sous la peau sont dilatés par la chaleur et vont se fermer brutalement lorsque la personne plonge brutalement dans l’eau froide, la pompe cardiaque se désamorce alors. Cette dilatation existe aussi après un repas copieux ou absorption d'alcool.

 

Evénement associé

Crise d'épilepsie, malaise cardiaque,AVC ...

 

Suicide

dans une baignoire.

 

Electrocution dans une baignoire

 

 

Classification


 

Nageur s’étant trouvé en difficulté

Il n’y a pas eu vraiment de noyade.

Le malade est conscient, réfrigéré, et très angoissé par la peur qu’il a eu !

Il est souvent épuisé.

 

Info

La cyanose signe la noyade mais aussi une simple hypothermie !

 

Vrai noyade brève

L’entrée d’eau dans les poumons est réelle, mais le noyé a été rapidement sorti de l’eau.

Il est encombré, mais conscient, avec signes de lutte respiratoire :

  • battements des ailes du nez (petit signe peu évident mais de grande valeur)
  • tachypnée (respiration rapide),
  • cyanose etc...

Il ne faut pas négliger cette détresse qui nécessite une intervention médicale rapide, car la situation risque de se dégrader rapidement, pendant le transport.

De plus le noyé doit être orienté rapidement vers un centre spécialisé ayant un service de réanimation.

 

 

Attention

Alerte précode et intervention rapide d'un SMUR

 

Info

Par des mécanismes physiologiques complexes , la détresse respiratoire qui s'améliore dans un premier temps peut à nouveau se dégrader.

 

 

Anoxie

Les troubles de la conscience témoignent de l’anoxie du cerveau.

L’encombrement est important avec détresse respiratoire, sans arrêt respiratoire.

 

Conseil

Toujours rechercher un corps étranger dans le pharynx

 

Détresse majeure

Arrêt respiratoire isolé ou arrêt cardio-respiratoire.

 

 

Bilan


 

L’évolution de la noyade dépend bien souvent de la rapidité et de la qualité avec lesquelles sont appliqués les gestes de réanimation.

A la sortie de l’eau, peu importe que la victime soit pâle ou cyanosée, l’examen n’a d’autre objectif que d’établir si la respiration est efficace et si le cœur bat, de manière à appliquer sans délai les premiers gestes de réanimation.

Il faut tendre une perche, lancer une bouée. Il faut éviter de se noyer soi-même.

 

Le bilan d’urgence recherchera les différents stades de détresse possibles :

  • arrêt cardiaque,
  • coma avec détresse respiratoire
  • conscient avec détresse respiratoire
  • conscient sans détresse

 

Les gestes de réanimation correspondant seront immédiatement pratiqués et alerte précoce.

Si le cas est moins grave, un bilan plus précis est pratiqué.

 

Signes Respiratoires

Le noyé respire, mais des petits signes doivent éveiller l’attention :

  • respiration rapide
  • battement ou pincement des ailes du nez
  • tirage
  • cyanose malgré le réchauffement
  • bruit de gargouillis au fond du pharynx

Signes circulatoires

Les extrémités sont souvent froides et cyanosées, mais il est difficile de faire la part de l’hypothermie et de l'hypoxie !

Le cœur est toujours rapide.

 

Inconscience

L’intensité est proportionnelle à la durée de l’anoxie.

Leur rapide régression, sous l’effet de la réanimation, est bon signe.

Une convulsion est possible

L'agitation, l'obnubilation ne seront pas négligés souvent le témoin d'une hypoxie.

 

Attention

Agitation, Désorientation = Recherche détresse respiratoire

 

Signes Digestifs

Ils sont dominés par la survenue de vomissements précoces ou tardifs associés à un gonflement de l’estomac par pénétration d’eau au moment de la noyade et d’air lors des manœuvres d’insufflation.

 

Le Froid

L’hypothermie est plus ou moins marquée selon la température de l’eau et la durée de la submersion.

Elle est habituelle, même en mer tempérée.

 

 

Gestes


 

En cas de détresse, les gestes classiques de réanimation seront pratiqués.

 

 

Notes

Il faut insister sur le noyé qui va mieux mais reste somnolent et mis sur le compte de l’épuisement et la cyanose sur celui du froid.

 

 

Souvent la détresse respiratoire n’est pas évidente.

L’oxygénation doit être maximum (masque à haute concentration ).

 

L’intervention d’une équipe médicale est nécessaire qui souvent pratiquent une anesthésie et une ventilation artificielle afin de bien vider les poumons de l’eau.

 

Le transport du noyé intéresse peu l’ambulancier privé car le ramassage des noyés, notamment au bord de la mer, est bien organisé en période estivale.

 

 

Conseil

Faut il traiter l'hypothermier ? Oui et non

En théorie oui et aussi le jours de l'examen. Elle prévient les frissons dangereux chez le cardiaque et demandé par le noyé conscient.

Non pour le noyé inconscient en manque d'oxygène. L'hypothermie protége les cellules qui consomment moins

 

 

Transport


 

Le transport est complexe, car un noyé ressuscité n’est pas sans problème car on se trouve devant un grand malade en anoxie sévère, menacé directement dans sa vie.

 

En période estivale, les plages des côtes françaises sont surveillées par des maîtres nageurs (C.R.S.) spécialisés en réanimation. Ils peuvent intervenir à tout moment.

Encore faut-t’il se baigner sur les secteurs autorisés et surveillés.

 

Le Samu donnera le feu vert à l’ambulancier pour le faux noyé épuisé.

Dans ce cas, les grandes fonctions sont conservées :

le cœur bat, il respire et il est conscient.

 

Il faudra le rassurer le noyé, le réchauffer à l’aide de couvertures, l’oxygéner à fort débit (6 à 8 litres/mn) par sonde d’oxygène ou au masque, et le mettre demi-assis.

Pour les cas graves, souvent le SMUR intervient par voie héliporté.

 

Prévention


 

La noyade est, après les accidents et les brûlures, la 3 ème cause de mortalité accidentelle chez l'enfant.

Le risque est plus grand dans les rivières, les lacs que dans les piscines publiques.

 

Pour les enfants très jeunes, la noyade peut se dérouler dans les piscines privées ou dans un point d'eau minuscule.

Il faut choisir pour se baigner, un endroit surveillé par un maître nageur, éviter de se baigner seul et ne pas s’éloigner de plus de 10 m du rivage et éviter les endroits dont la profondeur est supérieure à  5 m. (Le mieux est d’avoir toujours pied).

 

Il ne faut pas entrer dans l’eau par plongeon, mais progressivement, de manière à constater l’absence de sensation désagréable, en évitant toute exposition prolongée et immobile en plein soleil juste avant le bain et la période de digestion pendant 3 h.

 

 

Attention

Ne pas considérer un malade conscient comme simplement épuisé.

Il faut pratiquer un bilan complet à la recherche de petits signes qui signent la gravité et le risque de dégradation secondaire.