Principes de manipulation
Ils sont étudiés en détail dans le chapitre ergonomie manutention
Pour le traumatisé
Il faut éviter tout geste dangereux qui risque:
- D'aggraver les lésions .Compression de la moelle par une fracture du rachis instable notamment au cou. Il y a alors risque de paralysie par section de la moelle épinière .Lésions des vaisseaux ou des nerfs d'une fracture mobile des membres
- De provoquer des douleurs pouvant avoir un retentissement sur l'état circulatoire (Etat de choc dit traumatique) ou cardiaque (Malaise dit vagal avec pouls lent)
- D'aggraver un mauvais état circulatoire Une forte hémorragie interne à l'origine d'un collapsus peut s'aggraver si la mobilisation est brutale avec risque d'arrêt cardiaque.
Pour l'ambulancier
Il faut éviter à tout prix de faire souffrir son dos à l'origine de lumbago voir de sciatique. Une bonne position et un verrouillage du dos sont nécessaires. Voir les techniques de contrôle du dos
Relevage
ll a pour but d'installer un blessé sur un brancard sans l'aggraver. C'est l'ensemble des gestes coordonnés et précis assurant le déplacement d'un patient en toute sécurité. Il ne faut aucune précipitation. Ces gestes doivent être réalisés par des professionnels et si possible en nombre! Ils sont fonction du poids, du traumatisme, du nombre de secouristes et de l’environnement.
Principes
Il faut remuer le moins possible le blessé sous peine d’aggravation des blessurescomme une compression nerveuse ou vasculaire. Cela permet d’éviter l'apparition d'une douleur source d'aggravation du choc traumatique.
Position stable Il faut toujours soulever le blessé en ne fléchissant pas sa colonne vertébrale mais au contraire en fléchissant les genoux sans s'asseoir sur les talons puis élever les membres inférieurs colonne bloquée, les bras seront toujours tendus. La respiration est bloquée, le ventre contracté (les abdominaux). Ce mouvement est réalisé avec un bon équilibre: terrain stable, chaussures plates et membres inférieurs écartés.
Bonne prise Il faut avoir une bonne prise afin de ne pas lâcher le blessé! Le mieux est de glisser les mains sous l'individu, la prise par les vêtements est à éviter. L'efficacité est maximum si la prise a lieu le plus près possible du sauveteur donc: pieds près de la charge, écartés et décalés épaules effacées
Mouvements Il faut éviter les mouvements heurtés, saccadés, les manipulations en plusieurs fois sans ordre,ni efficacité. On doit toujours respecter l'axe tête-cou-tronc-jambes quelque soit l'état du blessé, avec éventuellement traction prudente du cou. Le pire serait la prise immédiate du blessé par les aisselles et les pieds. C'est le brancard qui va au blessé et non pas le contraire!
Equipe Il faut toujours travailler en équipe, avec un chef donnant des ordres permettant une bonne coordination des gestes. Il faut être en nombre suffisant, et utiliser la méthode adaptée à la victime et à la situation.
Méthodes
Le relevage varie avec le nombre d'intervenants: plus ils sont nombreux, plus la technique est sûre.
Méthode de la cueiller Un libre accès autour de la victime est indispensable. Il nécessite 3 sauveteurs. Après avoir accédé facilement au malade, 2 sauveteurs prennent le malade du même coté en le soulevant après avoir glissé les bras sous le dos. Le troisième aide de l'autre coté avec les mêmes gestes, mais les 2 autres sont les porteurs. L'aide peut aussi pratiquer d'autres gestes comme la mise en place du brancard.
Méthode du pont Les sauveteurs doivent enjamber la victime qui sera soulevée en un bloc et dans l'état ,c'est à dire même en PLS préalable. Le brancard étant situé tout à coté d'un pied des sauveteurs. Le secouriste placé aux pieds soutient les membres inférieurs, en mettant une main sous l'extrémité inférieure des cuisses et l'autre sous les chevilles, ou bien en saisissant les 2 chevilles chacune avec une main ou le bas du pantalon.
Positions
L'accidenté doit toujours être immobilisé au préalable par le matelas coquille posé sur le brancard La position est variable, fonction de l'état de conscience. Mais en général repose sur 3 attitudes:
P.L.S.
C'est la position du blessé inconscient (traumatisme cranien grave) même si il y a un doute sur le rachis cervical (pose d'une minerve) ou rachis dorsal ou lombaire (traction tête-pied et matelas coquille Pour plus de détails et rappel de la P.L.S.
1/2 assis
Position du sujet parfaitement conscient et avec un rachis non douloureux à la palpation
A plat dos
ou décubitus dorsal. C'est la position pour un blessé conscient avec forte suspicion de lésion du rachis, voire pose sur un plan dur comme une porte. Le mieux est d'utiliser un matelas coquille.
Etat de choc hémorragique
Il n’y a pas de position idéale. La tête ne doit pas être trop haute, donc position demi assise modérée et les jambes sont légèrement surélevées.
Surtout en cas de détresse circulatoire majeure par hémorragie massive et de crainte d'un arrêt cardiaque ,on peut surélever les 2 membres inférieurs voire à 90 °, mais attention +++, jusqu’à l’arrivée de soins médicaux, cette position doit alors être conservée ! si non si réabaisse les jambes, la situation peut devenir dramatique.
A l'hôpital, après un accouchement ou une intervention avec les jambes en l'air dans des étriers, l'infirmière demande toujours au médecin anesthésiste si elle peut abaisser les jambes. Le médecin vérifie que la tension est bonne et que l'état circulatoire est satisfaisant. De toute façon, cet abaissement se fera progressivement et jambe après l'autre.
Traumatisme du thorax
Il est installé en position 1/2 assis, si la victime est conscient et sans douleur du rachis. Chez l'inconscient, il est installé en P.L.S. couché sur le côté atteint, permettant de mieux faire respirer l'autre côté sans compression
Protection thermique
Même si vous avez chaud, le blessé a souvent froid. Pour son confort, il faut le réchauffer à l’aide de couvertures (attention à l’asepsie), ou plutôt avec une couverture isolante métallique à usage unique et surtout en maintenant une bonne température de l’habitacle. Néanmoins pour les patients en état de choc hémorragique ou en cours de réanimation, on peut respecter l'hypothermie (consommation d'oxygène ainsi réduite surtout les cellules nerveuses du cerveau).
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